Catégorie: Klezmer

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La différence entre le klezmer et le yiddish ?

  • Le klezmer, ou plutôt la musique klezmer, est purement instrumental
  • Le yiddish, c'est la langue, et donc dès qu'il y a des paroles, ça peut être de la musique klezmer ou autre.

La musique "klezmer" est celle que les baladins juifs ashkénazes colportaient de fête en fête, de shtetl (village) en ghetto, dans toute l’Europe de l’Est depuis le Moyen Âge jusqu’aux persécutions nazies et staliniennes du vingtième siècle. Elle s'inspire aussi bien de chants profanes et de danses populaires que de la khazones (hébreu : khazanut, liturgie juive) et des nigunim, ces mélodies simples et sans paroles par lesquelles les Khasidim tentaient d'approcher Dieu dans une sorte d'extase communautaire.

Au contact (réciproque) de musiciens slaves, tsiganes, grecs, turcs (ottomans) et -plus tard- du jazz, le klezmer a acquis une diversité et une sonorité caractéristique qui lui valent aujourd’hui d'être instantanément reconnu et apprécié dans le monde entier.

Depuis le XVIe siècle, des paroles se sont ajoutées au répertoire klezmer instrumental, grâce au badkhn (maître de cérémonie lors des mariages), au purimshpil (jeu d'Esther pour la fête de Purim), puis au théâtre yiddish.

L'immense répertoire klezmer et yiddish invite le public à la danse et permet au musicien d'exprimer toutes les émotions humaines, de la joie au désespoir, de la piété à la révolte et du recueillement à l’ivresse, sans oublier l'humour juif et... l’amour !


Sommaire


Aspect culturel

La musique Klezmer est une musique traditionnelle des juifs d'Europe de l'Est. Elle s'est développée à partir du XVe siècle, ses origines - discutées et dépourvues de sources documentaires d'époque - seraient ukrainiennes, ou d'Europe centrale.

Le mot klezmer vient de l'association des mots klei et zemer, instrument de chant. À l'origine le mot klezmer (pluriel : klezmorim) désignait donc les instruments. Le sens a glissé et on a également appelé les interprètes les klezmorim ; du fait des conditions de vie précaires de ces musiciens itinérants, ce mot pouvait avoir un aspect péjoratif.

En raison de ses origines, la langue de prédilection de la chanson klezmer est le Yiddish, mais les langues locales étaient aussi utilisées (comme les langues judéo-espagnoles en Espagne).

Les Klezmorims ne jouaient pas que de la musique Klezmer, ils pouvaient également animer des cérémonies chrétiennes.


Thématiques

Les thèmes des chansons font référence à la vie communautaire juive, le Shabbat est souvent évoqué ainsi que les fêtes religieuses, les Rabbins sont des personnages récurrents ; mais les autres éléments de la vie quotidiennes sont aussi très présents (berceuses, évocation des métiers) et des évènements peuvent être mis en chanson : tragiques comme l'incendie d'un shtetl (village), historiques comme l'émigration vers les États-Unis (par exemple dans la chanson Di Grine Kuzine).

La mère étant un acteur primordial de la transmission du savoir dans la culture ashkenaze, elle joue un rôle prépondérant dans les chansons (cf. la chanson Yiddishe Mamma pour la plus emblématique).


Renouveau

L'immigration aux États-Unis a permis de préserver la tradition klezmer, mais elle est progressivement passée de mode. Parallèlement la Shoah a détruit une grande partie de la tradition musicale klezmer en Europe.

Cependant, à partir des années 1970, des artistes se sont à nouveau impliqués dans la musique Klezmer, tels que Giora Feidman, le Klezmer Conservatory Band, The Klezmatics avec David Krakauer, et ont permis de remettre cette musique au goût du jour, voire de la faire évoluer dans des directions nouvelles comme John Zorn.

Le renouveau a été important en Allemagne, une manière de se faire pardonner certainement, mais peu apprécié des juifs orthodoxes en Israël pour qui cela rappelle un temps passé où l'Histoire a été tragique. Ceux-là préfèrent tourner la page dans un nouvel État d'Israël, une langue hébraïque reconstruite, un style musical réinventé avec de larges emprunts à la musique arabe du Moyen Orient...


Aspects musicaux

On peut retrouver dans la musique klezmer des accents orientaux, tziganes, russes, et de toutes les musiques typiques de l'Europe de l'Est - Ukraine, Roumanie, Hongrie, etc.

De même l'arrivée d'immigrants ashkénazes aux États-Unis a intégré les influences du jazz.


Aspects ashkénazes et religieux

Si les klezmorim se produisaient pour toutes les communautés, leurs musiques sont empreintes de culture juive Ashkenaze. Ainsi son aspect mélancolique et les complaintes des clarinettes imitent le son du Shofar (instruments utilisé lors des offices de Rosh Hashanah et Yom Kippour), et son aspect répétitif rappelle le chant du Hazzan (chantre de la synagogue).


Modes musicaux

La musique klezmer semblent avoir des originaires très anciennes et repose sur certains modes musicaux désignés par des noms de prières :

  • Ahavah Rabbah : (abondant amour) mode Phrygien avec la tierce augmentée.
  • Mi Chébérakh : (celui qui a béni) mode Dorien altéré, la quatrième est augmentée.
  • Adnaï Malakh : (l'Éternel roi) similaire au mode Myxolidien.
  • Magen Avot : (le bouclier de nos pères) similaire au mode mineur.
  • Yishtabach : similaire à Magen Avot.


Rythmique

La musique Klezmer était à l'origine utilisée pour animer les danses, et les performances pouvaient durer très longtemps. Ainsi le tempo n'était pas régulier mais s'adaptait à la fatigue des danseurs, et bien sûr des musiciens. Cette irrégularité de tempo s'est inscrite dans la tradition.

La rythmique est marquée par les instruments de percussions mais aussi par des instruments qui jouent aussi un rôle d'accompagnement comme le cymbalum.


Instruments

  • Le violon, instrument très transportable et qui se prête à la modulation et au glissando ;
  • La clarinette est devenue un instrument essentel du klezmer à la fin du XIXe siècle, au point de remplacer le violon. Elle permet d'imiter le son du Shofar et faire chanter les lamentations typiques du klezmer ;
  • La flûte, à partir du XVIIe siècle, souvent de fabrication artisanale ;
  • Le cymbalum avec un rôle d'accompagnement et rythmique ;
  • La balalaïka russe ;
  • L'accordéon, comme dans la musique Tsigane ;
  • Les percussions.


Les danses

Depuis le 16ème siècle, la danse était une partie importante des festivités juives en Europe de l'Est, particulièrement des mariages. Mais aucune danse juive ashkenaze n'étaite spécifique à une communauté: la plus grande partie du répertoire (danses en ligne, en cercle, en couples...) était cosmopolite ou comprenait des éléments empruntés à l'environnement non juif.

Cependant, les Juifs utilisaient un langage corporel qui les différenciait des non juifs pratiquant les mêmes danses, en particulier par les mouvements des bras et des mains, ainsi que par le jeu de jambes chez les jeunes hommes.

La gestuelle ashkenaze était fortement inspirée du langage et des considérations éthiques jouaient sans doute aussi un rôle.

Au cours des mariages, une partie importante du rituel consistait en des danses visant à honorer la mariée (mitzve tants) ou les invités de marque, les beaux-parents (Mekhutonim tants), les ancêtres, les rabbins présents, etc. ou encore à mimer des sentiments convenus comme la colère : broyges tants puis la réconciliation: sholem tants.

Dans de nombreuses communautés misnagdiques (non hassidiques), le freylekh, le sher, la polish patsh tants, etc. pouvaient être dansées en couples mixtes.
Chez les plus orthodoxes, les hommes dansaient séparés des femmes.

Après la Renaissance, parmi les aristocrates et les paysans européens, la mode allait de plus en plus aux danses de couple (au cours desquelles les partenaires de sexes opposés se tenaient par la main ou par la taille) et aux contredanses (où l'on changeait de partenaire).

Pour respecter le decorum éthique, les Juifs introduirent l'usage du tikhele (mouchoir) comme moyen d'éviter les contacts physiques directs entre les sexes pendant les danses.

On faisait parfois appel au badkhn (maître de cérémonie) ou à des professionnels liés à la kapelye (orchestre klezmer) pour interpréter des danses spectaculaires ou folkloriques.

Dans d'autres cas, de bons danseurs parmi les invités payaient les klezmorim pour avoir le privilège de se produire en solo. Ces danses en solo pouvaient avoir un but comique, parodique, voire grotesque, selon le crarctère du danseur et l'humeur du moment! Une de ces attractions, la flash tants, consistait à danser avec une bouteille sur la tête... sans la faire tomber ! Et pour mieux mettre en valeur leur agilité, certains danseurs allaient même parfois jusqu'à danser pieds nus sur un miroir !

De nombreuses danses traditionnelles ashkénazes ont été ritualisées et sacralisées vers le début du 19ème siècle par les hassidim, de la même façon que bien d'autres aspects laïcs de la vie juive. Il a suffi d'en valoriser la gestuelle patriarcale et mystique et les mouvements de dévotion religieuse extatique aux dépends des aspects érotiques et ludiques.

Le système chorégraphique des danses ashkénazes semble avoir été assez stable et identique dans toute l'Europe de l'Est entre le début du XIXe siècle et la fin du XXe. Dans les régions de Hongrie, de Moldavie et de Wallachie où la Haskala (mouvement des "lumières") et le modernisme ont eu beaucoup d'influence, l'assimilation culturelle a affaibli cette pratique. Et la première guerre mondiale, la Révolution russe y ont mis une fin définitive. Après la Shoah, les danses traditionnelles n'étaient plus guère pratiquées que dans de rares communautés yiddishophones d'ancienne Union Soviétique et dans les landsmanshaften aux États-Unis, spécialement à New York et à Philadelphie.

Voir : sher, khosidl, hora, freylekh, bulgar, terkish, sirba, patsh tants, skotshne, honga...

La gestuelle

Au début d'une danse, il est d'usage de faire des mouvements d'amplitude modérée et de les intensifier au fil du temps. Les femmes font des mouvements plus réservés que les hommes.

Shaynen (briller) en dansant le sher ou le freylekh montre la fierté de l'homme : il danse en se pavanant, par exemple les pouces vers les aisselles du gilet ou à la ceinture, paumes vers l'avant ; ou une main contre sa joue ou derrière l'oreille et l'autre bras tendu en avant, paume vers le bas, en faisant des petits mouvement (pro-supination) de la main. C'est l'occasion pour un proster yid (homme pauvre ou humble) de se sentir important et valorisé !

Pour une femme, le shaynen va s'exprimer plus discrètement, par exemple en déployant gracieusement, fièrement ou de façon un peu coquine sa jolie jupe tenue du bout des doigts, ou en mettant les mains à la taille, avec un léger balancement des épaules.

« L'expression érotique » admise est la façon discrètement sensuelle d'avancer les pieds et de balancer les épaules en avant du côté du pied qui avance. Contrairement aux danses arabes, il n'y a pas de mouvements du bassin et des hanches qui seraient symboles de soumission de la femme).

Les mouvements des bras sont importants: ils délimitent l'espace privé du danseur et les gestes de ses mains symbolisent un langage : en ouvrant les paumes vers le haut, on invite le voisin ; en mettant les paumes en avant, doigts vers le haut, on lui interdit l'approche.

Particulièrement dans la broyges tants, il y a aussi des gestes de colère, de mépris, de dédain, de questionnement, de supplication, puis de réconciliation, de pardon et d'affection.

Et le geste hassidique typique : mains en supination, paumes vers le haut, avec la tête légèrement inclinée en arrière et sur le côté, semblant implorer Dieu ou le questionner « pourquoi m'as-tu fait cela ? »


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