Histoire du Rébétiko

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Sommaire


Les origines du Rebetiko

Le Rébétiko est né dans les tékés (un mot grec désignant les fumeries de haschish) et les prisons des principales villes grecques au début du XXe siècle. La musique était de tradition orale, où l'art de l'improvisation occupe une place importante.

Les textes traitent de la vie d'une sous-culture urbaine, dont les normes étaient en dehors du courant majeur de la société. Les Rébètes se méfiaient de toute autorité, et leur musique était le moyen d'exprimer leur créativité et leur indépendance.

Comme les premiers blues, les chansons Rébétiko des années 30 et 40 ont un certain sens de spontanéité, ce qui les rend encore jeunes après les avoir écoutées indéfiniment, et en dépit des nombreuses années depuis leur enregistrement. Elles ont aussi le pouvoir de transporter, exciter, inspirer et impliquer l'auditeur.

Beaucoup de ces chansons étaient interdites en Grèce, principalement à cause de leurs positions anti-autoritaristes et non-conformistes. La police, dirigée par le chef Baraktaris, a détruit les fumeries, brisé les instruments, arrêté, harcelé et attaqué les Rébètes.

Les gens qui formaient cette sous-culture utilisaient l'argot et s'habillaient de manière extravagante - presque comme la culture Jazz/Blues de Harlem des années 20 et 30. Bien qu'ils subirent les harcèlements et la répression, les Rébètes ne se soumirent jamais, et ne perdirent pas leur identité et leur sens de l'humour.


Cafés Aman

La musique Rébétiko n'est pas née uniquement dans les fumeries et les prisons, bien que se furent les principaux lieux. Vers le début du siècle, les « Café Amans » apparurent à Smyrne, Constantinople, et d'autres ports à l'Ouest de l'Asie Mineure. Dans ces cafés, les chanteurs avait l'habitude d'improviser des couplets en chantant les mots « aman aman » tout en pensant à de nouvelles paroles pour les couplets suivants. Les amanedes sont très difficiles à chanter et peu de personnes s'y risquent aujourd'hui. Le mot « aman » d'origine turque signifie « compassion » et est utilisé comme une exclamation. Les amanedes étaient souvent accompagnées par un ou deux instruments jouant entre les couplets. Un « taqsim » (solo instrumental) donne généralement la tonalité de départ et d'arrivée de chaque amane.


L'incendie de Smyrne

Fin août 1922, après trois années de campagne, le front Grec tombe en Anatolie. L'armée a été rapidement évacuée. En septembre 1922, le dirigeant turc, Mustapha Kemal Ataturk amena ses troupes vers Smyrne, une ville principalement chrétienne, et les troupes laissèrent libre court aux pillages, viols et assassinats. La ville fût brûlée et entièrement détruite. Les Alliés refusèrent d'intervenir, préférant protéger leur pétrole et les intérêts du marché.

Un millon et demi de Grecs furent renvoyés en Grèce - principalement à Athènes et Pirée, en échange de musulmans de Grèce, mettant fin ainsi à deux millénaires de civilisation grecque en Anatolie. Les réfugiés emmenèrent avec eux le style de musique oriental, avec des influences turques et arabes, appelé « Smyrneika ». Les instruments essentiels de cette musique sont le violon, l'accordéon, le lauto (oud), le santour, mais pas le bouzouki.

A partir de 1922, l'école « Smyrneika » a eu une large influence sur le style Rébétiko. Ce style devint rapidement populaire dans les cafés Aman. Quant aux réfugiés, ils vivaient pauvrement dans les bidonvilles. Certains d'entre eux s'intégrèrent dans la sous-culture Rébétiko et donc se marginalisaient de la société, non seulement par leurs conditions de vie, mais aussi parce que la majorité des Grecs natifs s'indignait d'eux.


Les chansons rébétiques

Les chansons qui furent écrites en prison étaient ensuite jouées en dehors - bien qu'elles étaient interdites. Elles devinrent populaires notamment parce que les textes chantaient la joie de fumer du haschish.

Les Rébètes avaient une attitude très ambiguë envers la mort. Il y avait un mélange de défiance - un refus d'abandonner ; mais aussi une certaine résignation. Dans beaucoup de chansons, l'auteur voit la mort comme la fin des tourments de sa vie.

Tous les aspects de la vie étaient abordés sans crainte par les Rébètes dans leurs chansons. Chansons de joie et de tristesse, comiques et satiriques, chansons sur les tavernes, la vie à la mer, l'exile, et surtout sur les différentes facettes de l'amour et de l'espérance.

Beaucoup de chanteurs légendaires enregistrèrent dans le milieu et la fin des années 20 : Marika Papagika (aux États-Unis), Antonis Dalgas, Roza Eskenazi, Rita Ambatsi, Kostas Roukounas, Manthos Vamvakaris, Stratos Payiomitsis, Kostas Karipis, Marika Politissa, Evangellos Sofroniou, et beaucoup d'autres...


1937, la Censure

En 1937, le régime de Metaxas interdit complètement les chansons parlant du haschish et d'autres thèmes non-conventionnels. Les amanedes et toutes les influences turques et orientales dans la musique grecque furent également interdites. Les textes étaient surveillés rigoureusement. Certains Rébètes refusèrent de soumettre leurs chansons, notamment Vangelis Papasoglu, qui abandonna la musique et mourut tragiquement de la tuberculose en 1943.


1946, après la guerre

Les enregistrements étaient suspendus depuis 1941, mais les maisons de disque commencèrent à retravailler en 1946. Cependant, en 1947, la censure était de nouveau imposée.


La fin : 1940-1950

Le composituer Vassilis Tsitsanis a été le précurseur d'un type de musique grecque plus occidentalisée, mais avec une grande influcence Rébétiko. Pendant ce temps, et dans les années 50, de nouveaux artistes apparaissent : Sotiria Mpellou, Stella Haskil, Marika Ninou, Prodromos Tsaousakis...

Les années 70 : renouveau du Rébétiko

Après la chute de la dictature militaire en 1974, il y a eu un renouveau de la musique rébétiko. Ceci entraina des rééditions de compositions originales ; et ça continue de nos jours.

Les chanteurs modernes comme Giorgos Dalaras, Haris Alexiou, Glykeria et Eleftheria Arvanitaki commencent à enregistrer de vieilles chansons rébètes et smyrnaïques. Les grands Rébètes qui étaient encore vivants (Kostas Roukounas, Roza Eskenazi), firent des tournées, et sortirent de nouveaux albums.

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